Comme je l'avais imaginé, vous m'avez tous menti. Je ne sais plus qui ment, qui tiens à moi, qui rit de moi, qui me dit la vérité, qui la déforme. On a parlé de moi, c'était bien ? J'espère que vous vous êtes bien amusés. C'est vrai, quoi de plus divertissant que la souffrance des autres ? Leur faire croire ce qui est faux, lancer des regards complices dès qu'ils font un pas... Je me sens seule. Plus seule que jamais. Pourtant des gens sont là pour moi, mais c'est pour eux une telle corvée qu'ils préfèreraient m'oublier. C'est fou comme j'ai mal... Je sens comme une déchirure de haine en moi, une envie de tuer, presque. Surtout qu'au départ, ce n'était rien. J'en ai discuté pour délirer un peu, et tous en ont profité pour alimenter leur machine à ragots de merde. Je ne veux plus jamais les revoir. Je ne veux plus y retourner. Ce lycée à la con est encore plus nul que ce que je croyais. Pour moi, les gens se comportaient de manière intelligente, sympa, mature. C'est quatre fois pire que le collège où l'on juge sur les fringues et les notes. Là, c'est mesquin, sournois, cruel. Ce n'est plus pour eux un petit amusement, c'est toute leur vie, la seule source de plaisir qu'ils connaissent, ces pauvres gens sans vie qui viennent pourrir celle des autres. Que dis-je ? Si, ils ont une vie. Ils sont égoïstes, ont tout ce qu'ils veulent sans rien faire pour l'obtenir, hormis sourire faussement et attirer leurs proies dans leur piège comme une araignée attraperait un vulgaire insecte dans sa toile. J'ai été naïve, comme toujours, mais c'est fini. Premièrement, je ne veux plus avoir affaire à vous. Je sais très bien faire comme si tout allait bien, et comme de toute façon personne ne lira cet article, tout le monde croira que je suis faible de fuir mes problèmes. Je suis plus forte que vous ne le croyez. Deuxièmement, je vous crache à la figure, tous ceux qui se croient être mes amis quand cela les arrange. Je vous méprise.
Ouais il y a des choses plus graves dans la vie. Je sais.